EDITORIAL : Une bataille que nous ne pouvons pas perdre

Goma, le 8 février 2017 (caritasgoma.org) – Dans ma Lettre pastorale du 24 août 2013 relative à la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), j’avais exprimé ma consternation vu la cohorte de malheurs que les conflits armés avaient déclenchée. Malheureusement, les crises humanitaires de l’année 2016 atténuent les progrès réalisés pour que la paix soit restaurée au Nord-Kivu. Alors même que les thématiques autour des élections ont désormais une place assurée au quotidien sur toute l’étendue du territoire national, l’afflux continu de personnes qui demandent une protection dans l’Est du pays rappelle que la situation demeure catastrophique.

Mgr Théophile Kaboy lors de la cérémonie des 20 ans d’anniversaire du partenariat entre Caritas Goma et ses partenaires financiers

Mgr Théophile Kaboy lors de la cérémonie des 20 ans d’anniversaire du partenariat entre Caritas Goma et ses partenaires financiers

Les affrontements interethniques qui sèment mort et désolation dans une région à cheval entre Walikale et Rutshuru en est certainement un exemple parlant. Aujourd’hui, le Bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) indique que le nombre de personnes déplacées au Nord-Kivu est passé de 600.000 (début de l’année) à plus de 830.000 (fin-septembre). Plus de 80% de ces nouveaux déplacements au troisième trimestre ont eu lieu dans le territoire de Rutshuru. Contrairement au deuxième trimestre, une hausse de 20% de nouveaux déplacés a été constatée au troisième. Les vagues massives de ces déplacements ont aggravé les difficultés de cohabitation pacifique auxquelles Caritas Goma tente d’apporter des réponses.

Les conflits, l’insécurité et la faiblesse des mécanismes de protection ont contribué à rendre plus difficile la vie à ceux qui se retrouvaient déjà avant au bas de l’échelle. Non seulement qu’ils les ont chassés loin de leurs champs et de leurs villages, mais aussi combien de personnes en situation de précarité et déstabilisées qui sont misérablement massées dans des camps de déplacés. Que d’orphelins et de veuves, que de filles et de femmes violées, que d’enfants malnutris ou contraints d’abandonner l’école et utilisés dans des groupes armés…

Face à des vies sans horizon et aux antagonismes persistants, Caritas Goma mène une bataille qu’elle ne veut pas perdre. Proposer un soutien en situation de précarité, pour des personnes sans-abri ou pour des familles vulnérables, constitue la bataille dans laquelle Caritas Goma intervient pour que des personnes démunies retrouvent de nouveaux points de repères et un nouvel équilibre dans l’environnement, dans la société et dans l’économie. L’engagement inconditionnel de nos équipes contribue à procurer, tant soit peu, un havre de paix aux situations de détresse.

Sachant que rien ne peut remplacer une forte volonté politique pour aider à protéger les populations dans leurs milieux, Caritas Goma s’efforce de collaborer avec les autorités locales et les leaders communautaires sur la gestion des conflits.

Chers bienfaiteurs, c’est grâce à vos donations, vous, nos partenaires financiers qu’ensemble, nous luttons pour soulager la souffrance de ceux qui subissent les affres de la guerre. La bataille que nous ne voulons pas perdre. Sans vos dons pour soutenir les actions décrites dans ce rapport d’activités, nous ne serions nulle part.

De tout cœur et au nom du Diocèse de Goma, je vous réitère mes sentiments de gratitude et vous souhaite Bonne Année 2017.

Mgr Théophile Kaboy

Evêque de Goma et Président du Conseil d’administration de Caritas Goma

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